Le gouvernement de la Rupture démontre à satiété sa volonté de lutter avec plus d’efficacité contre la corruption et de mettre fin à l’impunité. Le Parlement est en symbiose avec lui à cette fin. D’où l’autorisation de la poursuite de quatre anciens ministres le 13 septembre dernier. Une procédure salutaire, car nul n’est au-dessus de la loi.

Il va sans dire, au nom de la présomption à l’innocence, que les mis en cause devront s’expliquer et prouver le cas échéant leur non culpabilité devant la justice. L’exemple de Komi Koutché, non poursuivi en définitive, étant édifiant à ce propos et rassure de ce que le droit prévaut, battant en brèche les suspicions de chasse aux sorcières.
Cependant, au regard des sorts réservés à des dossiers similaires par le passé, nul ne peut prédire la suite que connaitront ces autorisations de poursuites judiciaires d’anciens ministres soumises à des procédures complexes.
En effet, six autres cas similaires précédents sont restés lettres mortes et n’ont connu aucune évolution significative. Le cas le plus édifiant étant celui d’Alain Adihou, placé sous mandat de dépôt et resté en détention provisoire durant trois ans pour, finalement le 5 juin 2018, voir toute poursuite à son encontre abandonnée. Et que dire des cas des anciens ministres Rogatien Biaou, épinglé pour une affaire de vente de domaine de l’ambassade du Bénin à Washington, François Noudégbessi et Soulé Mana Lawani cités dans l’affaire Cen-Sad, feu Kamarou Fassassi dans une affaire de malversation liée au réseau électrique et d’Armand Zinzindohoué cité lui dans l’affaire Icc-service ? Sinon qu’ils n’ont guère prospéré ! Il n’est pas superflu de dire, par conséquent que la Haute cour de justice a montré ses limites et qu’est louable reste l’initiative portée il y a peu par le gouvernement actuel d’amender la Constitution, et visant sa suppression pour laisser le soin aux juridictions ordinaires de poursuivre même les anciens ministres.

Babylas ATINKPAHOUN (Stag)

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