Le ministre en charge des Affaires sociales, Bintou Taro Adam, a présenté aux députés, ce lundi 14 mai, le document conceptuel du projet Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch). Cette présentation qui s’est déroulée à l’hémicycle à Porto-Novo, s’inscrit dans le cadre du dialogue inclusif engagé par le gouvernement autour de ce vaste programme social au profit des plus démunis.

Le projet Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch) entre dans sa phase pilote effective courant le dernier trimestre de l’année 2018. L’information a été annoncée aux députés, ce lundi 14 mai, à la faveur d’une présentation du document conceptuel du programme. Selon le ministre en charge des Affaires sociales, Bintou Taro Chabi Adam, le projet Arch a été élaboré par le gouvernement du président Patrice Talon pour apporter une réponse à l’état des lieux critique en matière de protection sociale pour les acteurs du secteur informel. En effet, ceux-ci représentent 94,3 % de la population active pour une contribution au Produit intérieur brut (Pib) estimée à environ 68 %. Ce secteur est caractérisé par le manque de qualification des acteurs, la précarité des emplois offerts et la prévalence de l’auto-emploi. Les choses sont aussi graves dans le domaine de la couverture des risques sanitaires. Ici, les mécanismes de prise en charge du risque maladie dont dispose le Bénin ne fonctionnent pas en synergie et enregistrent des résultats très mitigés. Moins de 10 % de la population est couverte actuellement par l’assurance maladie. Et selon le recensement général des entreprises (Rge) effectué en 2010 par l’Insae, plus de 98 % des entreprises recensées évoluent dans le secteur informel et ont un accès très limité au financement par des banques, explique le ministre Bintou Taro Chabi Adam.
Les opportunités qui sont ouvertes aux entreprises installées dans l’informel restent, pour une grande part, limitées aux interventions des Services financiers décentralisés (Sfd) mais à des taux d’intérêt relativement élevés. Mieux, il existe une grande inégalité d’accès entre les travailleurs du secteur formel et ceux du secteur informel. Ces derniers, à en croire le ministre chargé des Affaires sociales, n’ont quasiment pas accès aux systèmes de retraite en dehors de quelques initiatives de mutuelles sociales qui fonctionnent à une échelle trop réduite pour prendre en compte l’ensemble des personnes concernées. D’où l’élaboration du dispositif Arch en vue d’améliorer la protection sociale au Bénin et qui est nettement meilleure au Régime d’assurance maladie universelle (Ramu) lancé sous le régime précédent. Il tient compte des engagements internationaux notamment pour l’atteinte des Objectifs du développement durable (Odd), précise Bintou Taro Chabi Adam. Pour sa réussite, le gouvernement a adopté une nouvelle stratégie intégrée et plus inclusive d’extension de la protection sociale pour améliorer le bien-être des populations.

4,3 millions de bénéficiaires ciblés

Cette stratégie est mise en œuvre à travers le projet Arch qui est un paquet de quatre services, à savoir l’assurance maladie, la formation, l’accès au crédit et l’assurance retraite. L’organisation de la séance de sensibilisation au profit des députés s’insère dans le cadre de ce dialogue inclusif autour de cette initiative. Un dialogue qui permettra au gouvernement d’imprimer un nouveau dynamisme au processus de conception et de mise en œuvre de ce dispositif en y assurant tous les acteurs concernés. Cette approche permettra donc de faire participer l’ensemble des parties prenantes à la réflexion afin de bâtir un dispositif consensuel, inclusif et cohérent. Toutes choses qui faciliteront l’opérationnalisation du projet et par conséquent l’atteinte des nobles objectifs que le chef de l’Etat entend atteindre en prenant cette initiative novatrice. Le ministre a été appuyé par le coordonnateur de l’Unité de coordination du projet Arch, Venan Quenum qui a présenté le contenu de ce programme aux députés. Selon lui, le projet cible 2 468 254 bénéficiaires reconnus pauvres extrêmes répartis dans 375 458 ménages. Ils seront pris en charge intégralement par l’Etat qui va leur accorder des primes afin de leur permettre d’accéder au paquet de soins de base de l’assurance maladie. Les populations pauvres non extrêmes estimées à 1 895 810 répartis dans 321 737 ménages seront partiellement pris en charge, souligne Venan Quenum.
L’Etat, les employeurs du secteur privé, les professionnels individuels sont tenus de souscrire au minimum de leurs employés une assurance maladie de base. L’Etat souscrit à l’assurance maladie pour les fonctionnaires, les élus, les membres des institutions de la République et les retraités de la Fonction publique auprès des assureurs recrutés par appel concurrence. Ainsi, l’assurance maladie se veut le seul mode de prise en charge sanitaire des ayants droit de l’Etat, a insisté Venan Quenum. Il plaide pour l’adoption de la loi sur l’Arch devant permettre de faciliter la mise en œuvre de ce projet évalué à 313 milliards F Cfa pour les cinq premières années d’exécution.
Les députés félicitent le gouvernement pour cette vision sociale. Mais ils se disent inquiets par rapport à la densité de ce projet qui prend en compte quatre produits aussi bien colossaux les uns les autres. Ils ont peur que le projet Arch subisse le même sort que le Ramu qui ne prenait en compte que l’assurance maladie mais qui n’a pas pris. Les députés appellent le gouvernement à tirer leçon des échecs et insuffisances du Ramu dans la mise en œuvre du projet Arch pour sa réussite.

Évaluer cet élément
(1 Vote)
Lu 1379 fois