Le Parlement a adopté, vendredi 13 avril dernier, le projet de loi portant autorisation de ratification de l’accord international sur le Code bénino-togolais de l’électricité amendé. L’adoption de ce texte rend définitivement caduc le statut d’acheteur unique de la Communauté électrique du Bénin (Ceb) au niveau des deux pays et ouvre le secteur aux investisseurs privés.

Bonne nouvelle aux opérateurs économiques cherchant à s’installer dans le secteur de production de l’énergie électrique au Bénin et au Togo ! Le boulevard leur est dorénavant ouvert avec l’autorisation du Parlement au gouvernement pour qu’il ratifie l’accord international sur le Code bénino-togolais de l’électricité amendé. 

En effet, la ratification de cet instrument international permet aux investisseurs privés béninois d’investir en toute sécurité et à long terme dans le sous-secteur énergie électrique, et consacre la suppression du principe d’acheteur unique de la Communauté économique du Bénin (Ceb) instituée par l’accord international du 27 juillet 1968 pour exercer exclusivement les activités de transport et d’importation pour les besoins des deux Etats.
La réforme actuelle a été clairement mentionnée à l’article 5 nouveau du Code bénino-togolais de l’électricité amendé pour qu’il soit en phase avec les défis de l’énergie électrique. Lequel article stipule notamment que les activités de production, de transport, de distribution et d’importation de l’énergie électrique pour le besoin du public sur l’ensemble des territoires du Bénin et du Togo constituent une mission de service public placée sous la responsabilité des deux Etats. Toutefois, ces activités visées supra peuvent être confiées par les Etats à toute personne de droit public ou privé au moyen d’accord ou de convention (concession ou autres) dans les conditions fixées au présent code. Or, avec l’ancien code, ces activités se faisaient à titre dérogatoire par les investisseurs privés qui reçoivent d’abord l’autorisation avant de s’installer et de vendre leur production à des acheteurs autres que la Ceb. Plus question dorénavant.
La ratification de l’accord amendé permettra désormais de diversifier les capacités de production de l’énergie électrique et de résorber durablement les crises énergétiques récurrentes, assure la commission du Plan, de l’Equipement et de la Production du Parlement qui a présenté le rapport du dossier à la plénière. Aussi, la ratification de l’accord par le gouvernement offre la latitude au Bénin de réviser la politique sectorielle en matière d’énergie électrique. Ce qui facilitera l’élaboration des schémas directeurs de producteurs et de transport de l’énergie électrique, l’approbation ou la modification des structures et des règlements tarifaires sur le plan national. Les députés qui sont intervenus lors du débat général ont trouvé en cet accord une aubaine pour les investisseurs privés. Car, selon eux, la démonopolisation totale du secteur va favoriser la concurrence pouvant permettre de minimiser le coût de la consommation et par ricochet les factures salées qu’envoie mensuellement à la population la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee) et accélérera l’accès à l’électrification attendu de tous.

Mix énergétique

Certains députés n’ont pas manqué de soulever des inquiétudes notamment par rapport aux coupures intempestives de l’énergie électrique ces derniers jours. Le ministre de l’Energie, Dona Jean-Claude Houssou, a rassuré les parlementaires. Il annonce une production énergétique historique de plus de 400 mégawatts dès le premier semestre 2020. Selon lui, le gouvernement a opté pour un mix énergétique responsable tourné vers des installations solaires pour renforcer les infrastructures thermiques en cours de mise en place. Le ministre a fait savoir qu’une centrale thermique de 120 mégawatts est en cours de construction et sera achevée et fonctionnelle au premier semestre 2019. Il sera lancé au second semestre de l’année 2018, la construction de la deuxième centrale de 120 mégawatts sans oublier le projet de production d’une centaine de mégawatts solaires qui portera la capacité du Bénin à près de 400 mégawatts entre fin 2019 et début premier semestre 2020 pour un pic de consommation actuelle journalière comprise entre 200 et 250 mégawatts, promet le ministre de l’Energie. Jean-Claude Houssou insiste sur la détermination du gouvernement du Nouveau départ à désormais proactif et anticiper sur les défis à long terme en matière d’énergie électrique au Bénin, un secteur incontournable dans le développement.

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