La crise sociale qui secoue le Bénin depuis le 16 janvier 2018 connaît un début de résolution avec la sage décision de trois centrales syndicales. La suspension de la motion de grève par la Confédération des syndicats autonomes du Bénin (Csa), la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb) et la Confédération des syndicats unis du Bénin (Csub) devrait relancer les activités dans le secteur de l’éducation, de la santé, de la justice et doit faire école pour conjurer définitivement le spectre de l'année blanche qui plane sur l’école béninoise.

Trois centrales syndicales ont décidé de faire la paix des braves en sautant le verrou de l’année blanche qui plane sur l’école béninoise. La Confédération des syndicats autonomes du Bénin (Csa), la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb) et la Confédération des syndicats unis du Bénin (Csub) ont suspendu leur motion de grève au regard d’un certain nombre d’avancées obtenues de la part du gouvernement. Entre autres, la relance du dialogue avec les centrales syndicales, le paiement intégral des salaires du mois de mars, la restauration définitive du droit de grève pour tous les travailleurs,… Cette décision de sage, les secrétaires généraux des trois centrales l’ont prise, non pas parce qu’ils sont satisfaits totalement, mais pour épargner l’école béninoise d’une année blanche. 

Anselme Amoussou, Moudassirou Bachabi et Christophe Houessionon respectivement secrétaires généraux de la Csa-Bénin, Cgtb et Csub se refusent à endosser la responsabilité d’une année blanche ‘’voulue par le gouvernement’’ qu’ils incriminent. Les arguments développés par ces derniers mettent le gouvernement devant le fait accompli : « Il ne s’agit que d’un repli tactique…. Nous laisserons le gouvernement face à ses responsabilités pour exprimer ses solutions messianiques unilatérales en vue de permettre au peuple, seul détenteur de la souveraineté nationale, de lui appliquer la sanction appropriée ». La persistance de la grève dans le secteur de l’éducation faisait perdre espoir aux parents d’élèves qui ne savent plus à quel Saint se vouer. L’acte des syndicats est une délivrance.
La suspension de la motion de grève vient à point nommé au moment où le peuple l’attend le plus. La raison est toute simple. Il fallait coûte que coûte trouver une solution à la crise après environ trois mois de grève qui a paralysé l’administration. Les présidents des institutions de la République notamment le président du Conseil économique et social et le Médiateur de la République ainsi que des forces politiques se sont impliqués dans le dénouement de la crise. Plusieurs séances de négociations ont eu lieu avec les centrales syndicales aux fins du dégel. Aujourd’hui, trois centrales syndicales, après la Cspib décriée à tord ou à raison pour avoir prononcé en première position la levée de la motion de grève, ont jugé bon de ramener la balle à terre. A contrario, certaines centrales syndicales, dont la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (Cstb), l’Union nationale des syndicats des travailleurs du Bénin (Unstb) et la Confédération des syndicats indépendants (Cosi-Bénin) ne se sont pas ralliées à leurs pairs pour une suspension définitive de la motion de grève.
L’idéal aurait été que tous les secrétaires généraux s’assemblent pour lever leur motion de grève. C’est cela la bonne foi dont devraient faire preuve les partenaires sociaux. La Cosi-Bénin, la Cstb et l’Unstb pourraient aller à l’école des autres centrales syndicales.

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Lu 1819 fois