La direction nationale de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) a organisé, ce jeudi 5 avril à Cotonou, l’édition 2018 de la Journée de diffusion des comptes extérieurs du Bénin au titre de l’année 2016. Cette journée qui est à sa dixième édition a été une occasion pour les différents acteurs invités d’analyser les résultats de la balance des paiements de l’année 2016 et de la position extérieure globale à fin décembre 2016 du Bénin.

Les échanges extérieurs du Bénin ont connu une évolution en cohérence avec le contexte international et régional peu favorable et avec l’activité économique nationale, qui s’est soldée par un taux de croissance économique de 4,0 % en 2016. Tandis que le solde global de la balance des paiements s’est affiché en déficit de 168,0128 milliards de francs Cfa contre un excédent de 83,5778 milliards en 2015. C’est la conclusion qu’on peut tirer des comptes extérieurs du Bénin au titre de l’année 2016 présentés hier par la direction nationale de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) au cours de l’édition 2018 de la Journée de diffusion des comptes du Bénin.
A l’ouverture des travaux, le directeur national de la Bceao, Alain Komaclo a rappelé que la Journée de diffusion des comptes extérieurs a été initiée en 2009 par la Bceao pour analyser la balance des paiements de chaque pays. Pour lui, la tenue de cette journée, chaque année, est une volonté des autorités de la banque centrale d’améliorer les statistiques des données collectées dans différents secteurs dans les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa).
Pour le directeur de cabinet du ministre de l’Economie et des Finances, Servais Adjovi, qui a ouvert les travaux au nom de son ministre, l’organisation chaque année de cette journée est désormais ancrée dans l’agenda des événements du Bénin. La journée de diffusion, estime-t-il, est une occasion pour échanger avec le secteur privé et rassurer tous les acteurs ayant participé à la collecte des informations entrant dans le cadre de ces comptes extérieurs.
Selon une présentation qui a été faite, l’évolution globale de la balance des paiements traduit essentiellement une accentuation du déficit des transactions courantes et une baisse des mobilisations des ressources extérieures par le gouvernement. Des mobilisations à travers des émissions de titres publics et des tirages de ressources effectuées auprès des partenaires financiers.
Le déficit structurel du solde des transactions courantes, rapporté au Produit intérieur brut (Pib), s’est alourdi en 2016. Il en ressorte à 9,4 % en 2016 contre 9,0% en 2015, en relation principalement avec une aggravation du solde déficitaire de la balance des biens, consécutive à la progression des importations de produits alimentaires.

Recommandations

Dans les conditions qui viennent d’être présentées, la Bceao recommande de poursuivre les efforts visant à la transformation structurelle de l’économie béninoise, à l’aune des critères définis par une recommandation de l’Uemoa du 25 septembre 2014. Cette recommandation est relative à l’élaboration des programmes pluriannuels de convergence, de stabilité, de croissance et de solidarité des Etats membres de l’Uemoa. Dans cette perspective, des actions ont été envisagées. Au nombre de ces actions, il y a la poursuite des efforts de diversification de l’économie, notamment à travers la valorisation des filières agricoles identifiées dans le Programme d’action du gouvernement (Pag).
Le gouvernement devra aussi, dans le cadre de ses actions, poursuivre l’amélioration du climat des affaires et le recours au partenariat public-privé pour la réalisation des projets de programmes inscrits au Pag. Il devra également continuer le renforcement de l’offre d’énergie, conformément aux objectifs sectoriels et aux actions identifiées dans le cadre du deuxième compact du Millennium Challenge Account (Mca II).
Toujours dans la perspective, il faudra selon la Bceao, une consolidation de cette mobilisation des ressources intérieures, en lien avec les mesures structurelles visant la généralisation de l’Identifiant fiscal unique (Ifu), la connexion des bases de données des différentes régies financières. Puis, le renforcement de l’efficacité des dépenses publiques, afin de créer un espace budgétaire qui permettra d’accroître les investissements publics, tout en préservant la viabilité de la dette n.

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