La communauté internationale a célébré, jeudi 22 mars dernier, la Journée mondiale de l’eau, cette denrée indispensable à tous les êtres vivants sur terre. Dans plusieurs pays du monde dont le Bénin, l’accès à une source d’eau potable demeure, en tout cas pour une partie de la population, un problème majeur. L’insuffisance ou l’absence de points d’approvisionnement en eau potable et des infrastructures d’assainissement expose les personnes concernées à des risques importants pour leur santé.

Le droit à l’eau potable et à l’assainissement est un droit de l’homme explicitement reconnu par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2010. L’eau est une denrée indispensable aussi bien pour la boisson que pour l’usage domestique et la production alimentaire. Si différentes structures et et les gouvernants n’ont cessé d’œuvrer pour faciliter l’accès des populations à l’eau potable, il n’en demeure pas moins que cette problématique reste récurrente dans nombre de pays. Et les statistiques de l’Organisation mondiale de la Santé (Oms) en disent long sur le chemin qui reste à parcourir. Selon cette organisation, en 2015, 71 % de la population mondiale soit 5,2 milliards de personnes, utilisaient un service d’alimentation en eau potable géré en toute sécurité, c’est-à-dire situé sur le lieu d’usage, disponible à tout moment et exempt de toute contamination.
Cependant, « 844 millions de personnes ne disposent pas d’un service de base d’alimentation en eau potable et 159 millions d’entre elles doivent utiliser des eaux de surface. Dans le monde, 2 milliards de personnes utilisent des points d’eau contaminés par des matières fécales ».
Consciente de cette situation, la communauté internationale a fait de l’accès à l’eau potable l’un des objectifs du développement durable (Odd). La cible 6.1 des Odd appelle notamment à assurer l’accès universel et équitable à l’eau potable à un coût abordable. Il s’agit, à en croire l’Oms, d’un « objectif suivi au moyen de l’indicateur relatif aux services d’alimentation en eau potable gérés en toute sécurité, c’est-à-dire l’eau issue d’un point d’eau amélioré qui répond aux critères d’accessibilité, de disponibilité et de potabilité – à savoir exempt de contamination fécale et de pollution par des substances chimiques d’intérêt prioritaire ». Dans son Aide-mémoire n° 391, l’organisation met l’accent sur les inégalités géographiques, socioculturelles et économiques qui subsistent, non seulement entre les zones rurales et urbaines, mais aussi dans les villes, où les personnes vivant avec de faibles revenus dans des implantations spontanées ou illégales ont en général moins accès aux points d’eau améliorés que les autres citadins.

La diarrhée, tributaire de l’eau contaminée

Le manque d’eau potable et la mauvaise gestion des eaux usées urbaines, industrielles et agricoles sont des sources de maladies pour de nombreuses populations. La diarrhée est l’une des maladies hydriques les plus répandues au monde. Selon l’Oms, « La diarrhée est la deuxième cause de mortalité chez l’enfant de moins de cinq et elle est à l’origine de 525 000 décès d’enfants par an ». Cette maladie est le symptôme de diverses infections causées par des bactéries, des virus ou des parasites se transmettant, pour la plupart d’entre eux, par de l’eau contaminée avec des matières fécales. « Ces infections sont plus courantes lorsqu’il y a des pénuries d’eau salubre pour la boisson, la cuisine, la toilette et le nettoyage », précise l’Oms.
Il faut signaler cependant que la consommation d’eau contaminée n’est pas la seule cause de diarrhée. Le manque d’assainissement et d’hygiène fait également partie des causes de maladies diarrhéiques. Lorsque l’eau est difficile à se procurer, il arrive que les gens décident que le lavage des mains n’est pas une priorité, un comportement qui augmente le risque de diarrhée et d’autres maladies. En dehors de la diarrhée, il y a la schistosomiase, une maladie aiguë et chronique due à des vers parasites absorbés en s’exposant à des eaux infestées qui touchent des millions de personnes dans le monde. L’eau contaminée peut transmettre aussi des maladies comme la dysenterie, le choléra, la typhoïde et la poliomyélite.
Les conséquences du manque de services d’approvisionnement en eau potable sont autant sanitaires, sociales qu’économiques. Dans certaines contrées, la corvée d’eau dure des heures. Toutes choses qui ne favorisent pas la scolarisation des enfants, des filles en particulier qui sont conviées à cette tâche. L’accès à des points d’eau favorise de ce fait une meilleure santé, contribue à améliorer la fréquentation scolaire, avec des conséquences positives à long terme pour la société.
En retenant cette cible dans les objectifs du Millénaire pour le développement, puis dans les Odd, les Nations Unies invitent les Etats à prendre les mesures nécessaires pour réduire l’impact des maladies hydriques dues à la consommation d’eau contaminée. Dans un contexte de changement climatique où la pénurie d’eau est de plus en plus croissante, face à une démographie galopante, l’Oms recommande une meilleure gestion des ressources hydriques pour garantir la quantité et la qualité de l’approvisionnement en eau. Le Bénin, n’est pas resté en marge de cette dynamique. Le taux de desserte et d’accès à l’eau potable dans le pays était de 68,1% en 2014. A en croire le ministre en charge de l’Eau, Samou Séidou Adambi, des mesures sont en train d’être prises pour remédier aux inégalités en matière d’accès à l’eau dans le cadre de l’atteinte de l’Odd n°6. Elles permettront de desservir plus de deux millions de personnes d’ici à mars 2019, a-t-il assuré.

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