C’est une décision salutaire de mettre de l’ordre dans un secteur sensible longtemps exposé à toutes formes d’abus au détriment de la santé et de la vie des populations. Jusqu’à un passé récent, la commercialisation des faux médicaments était un marché à ciel ouvert où une frange non négligeable de la population s’approvisionne à cœur joie. Pour guérir ou prévenir quelle maladie? Etant donné qu’elle ne maîtrise pas toujours ce qu’elle ingurgite comme médicament, encore moins la dose à respecter. Les vendeurs n’ayant pas été formés pour pratiquer le métier de pharmacien.

Selon les spécialistes, les faux médicaments ne contiennent aucun principe actif, ce qui provoque l'échec du traitement. Dans d’autres cas, l'ingrédient principal est de faible quantité, ce qui provoque à long terme des résistances.
La traque que mène le gouvernement contre le phénomène est salutaire dans la mesure où les faux médicaments sont un véritable problème de santé publique. Aucun gouvernement responsable au monde ne peut rester insensible à ce genre de situation. Même si certains déplorent la condamnation des grossistes pharmaceutiques, il importe d’apprécier, à sa juste valeur, cette lutte contre les faux médicaments qui permet de restaurer l'autorité de l’Etat dans un secteur en décadence. Plus de médicaments exposés donc à tout vent !
La lutte contre les faux médicaments a été longtemps le combat de l’Ordre national des pharmaciens du Bénin. Il peut se réjouir de la lutte sans merci que mène l’Exécutif, depuis quelque temps, dans ce cadre pour assainir le secteur. Le filet du gouvernement ayant capturé de gros morceaux même si le présumé cerveau du commerce illicite de médicaments au Bénin, le député est toujours en fuite.
Le procureur de la République reproche aux grossistes répartiteurs de s’approvisionner dans un circuit non autorisé. Le ministère public accuse les sociétés mises en cause (Gapo, Ubipharm, Came,
Ubephar, Promopharma…) d’avoir mis en danger la vie des consommateurs et violé la législation béninoise en matière de commercialisation de produits pharmaceutiques. Dans un cas comme dans l’autre, tous s’accordent sur la nocivité de ces produits sur la santé des populations.
Avec le verdict de ce mardi, le droit est dit en faveur des citoyens qui consomment depuis des lustres ces médicaments de qualité douteuse. Toutefois, après la décision du tribunal, des préoccupations demeurent.
Avec la mise sous mandat de dépôt des grossistes répartiteurs, le Bénin est-il définitivement à l’abri des faux médicaments ? Quelle garantie avons-nous que lesdits médicaments ne circulent plus dans les officines de la place ? Reste que l’Etat fasse également le contrôle au niveau des pharmacies et des cliniques pour s’assurer de la qualité des produits livrés aux populations. Des indiscrétions font état de ce qu’Adjégounlè a des ramifications dans des centres de santé de la place. Les mêmes sources renseignent que beaucoup d’agents de santé s’approvisionnaient également dans le célèbre marché de faux médicaments à Cotonou pour le compte de leurs cliniques et, ou pharmacies.
Le gouvernement ne doit pas s’arrêter en si bon chemin. La lutte contre les faux médicaments n’est qu’une étape de l’assainissement de l’univers pharmaceutique et médical au Bénin.
La même rigueur qui a frappé les grossistes répartiteurs doit aussi cibler les cabinets de soins privés qui opèrent illégalement au nez et à la barbe de tous.
Maryse ASSOGBADJO

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