Reportée à ce mardi 13 mars pour être jugée, la cause a été renvoyée à huitaine (pour le 20 mars prochain) pour fait de grève. Le dossier n’a pas été utilement pris en raison de la grève déclenchée par l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab).

Le syndicaliste Laurent Mètongnon et son co-accusé Youssao Saliou Aboudou, devront attendre encore une semaine avant de voir leur cas examiné par les juges. Hier matin, jour du procès, l’accès au tribunal de première instance de première classe de Cotonou n’avait pas été aisé. Plusieurs détachements de la Police républicaine avaient pris d’assaut les principales rues d’accès indiquant aux usagers l’itinéraire imposé pour la circonstance. L’accès même au prétoire nous avait été interdit par les agents en faction, malgré l’exhibition de notre carte de presse.
Pour rappel, retenons que ce fut un soir du mois de novembre 2017 que la "rumeur" s’est confirmée. Ainsi, le syndicaliste Laurent Mètongnon et l’administrateur des finances Youssao Saliou Aboudou ont été déposés à la prison civile de Cotonou, dans la soirée du jeudi 23 novembre, suite à leur présentation au procureur de la République près le tribunal de première instance de première classe de Cotonou. Respectivement ancien président du conseil d’administration de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss), ancien directeur général du Budget par intérim, ils sont poursuivis dans l’affaire de placement de fonds de la Cnss à la Banque internationale du Bénin (Bibe), avec mandat de dépôt. D’autres inculpés, étaient poursuivis sans mandat de dépôt. Le dossier devait être examiné en audience de flagrant délit le 19 décembre dernier.
A l’époque, Me Ibrahim Salami, avocat de la défense s’était dit surpris par cette décision, soutenant que « sur le plan du droit, le dossier est vide ». Il a justifié sa position par le fait que « la preuve n’a pas été rapportée que les montants ont été remis » aux intéressés. « Donc, normalement en l’absence de preuve, on ne devrait pas aller plus loin, encore moins les mettre sous mandat de dépôt », avait estimé le conseil. « A la rigueur, poursuit-il, on aurait pu décider d’un non-lieu ou alors les poursuivre sans mandat. » Mais le fait de les poursuivre avec mandat et les déposer dans des conditions aussi rocambolesques sont vraiment regrettables pour l’Etat de droit », avait déploré Me Ibrahim Salami.
Le Conseil des ministres, en sa séance du 2 novembre dernier, avait instruit le ministre de la Justice à l’effet d’engager des poursuites judiciaires à l’encontre des anciens dirigeants de la Cnss « qui ont commis des actes de gestion frauduleuse et bénéficié de commissions occultes et/ou autorisé des placements hasardeux à la Bibe, une banque déclarée en faillite par la Commission bancaire de l’Union monétaire ouest-africaine (Umoa). Au total, sur la période d’avril 2014 à octobre 2015, a souligné le Conseil des ministres, plus de 17,5 milliards de francs Cfa ont été placés auprès de la Bibe, contre le versement de commissions d’un montant de plus de 71 millions F Cfa.
La grève de l’Unamab n’avait pas permis de juger l’affaire avant que la reprise des activités judiciaires ait été récemment perturbée par les défalcations. La grève de l’Unamab, justifie le renvoi de l’examen du dossier ce jour au 20 mars prochain.

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Lu 1477 fois