Commencé le mercredi 28 février dernier à Cotonou, le colloque international de philosophie sur le thème « Mutations sociales en Afrique et philosophie : Etat des lieux et perspectives », a pris fin vendredi 2 mars dernier, sur une note de satisfaction générale des participants venus du Bénin, du Togo et de la France. La rencontre a pris fin avec deux importantes résolutions.

Initié par la Société béninoise de philosophie (Sobéphie), le colloque international de philosophie sur « Mutations sociales en Afrique et philosophie : Etat des lieux et perspectives », a permis aux participants de porter leurs regards sur l’Afrique, à partir de l’indépendance, de répertorier et d'analyser les mutations qu’elle a subies. L’histoire actuelle de l’Afrique interpelle, par ailleurs, la philosophie dont la vocation fondamentale est de penser le sens de l’existence humaine et de tout ce qui gravite autour d’elle. 

Pendant les trois jours qu’ont duré les travaux, les participants ont rappelé que plusieurs éléments ont été au cœur des mutations. Par exemple, la lutte aux côtés des Occidentaux affaiblis lors de la Seconde Guerre mondiale a fait tomber le mythe de la supériorité du Blanc ; le rôle joué par les intellectuels à Présence Africaine a fini par convaincre les esprits de la nécessité du changement en Afrique. Selon Gouhier, « Une philosophie est une vision du monde et il y a des philosophies différentes parce que les philosophes ne voient pas le même monde. Les vrais désaccords entre philosophes sont antérieurs à leurs philosophies ».
A l’issue des travaux, deux importantes résolutions ont été retenues par les participants. La première porte sur l’importance de la philosophie et son rôle d’éveil des consciences.A cet effet, il est recommandé à la Société béninoise de Philosophie (Sobéphie) de poursuivre de telles initiatives afin de rapprocher la philosophie des citoyens, de la mettre au niveau de tous, en s’interrogeant sur les problèmes sociétaux et les mutations en cours dans un contexte mondialisé et digitalisé. La Sobéphie doit encourager les philosophes béninois à plus d’engagement militant aux fins de tester ou de mettre en pratique dans l’arène publique les théories enseignées.
La seconde résolution est relative au débat public perçu comme condition indispensable à l’ouverture et à l’enracinement de la démocratie. Les participants expliquent que le débat public est l’expression des libertés et du respect des droits de l’Homme. Aucune réforme sociale, politique, économique, culturelle et mentale ne peut aboutir sans débat public avant, pendant et après la mise en œuvre desdites mutations envisagées. Pour eux, tout est dynamique et l’on ne peut espérer de profonds changements sans l’implication, l’adhésion et la participation active des citoyens.
Signalons que cinq communications riches en enseignements ont été présentées, au cours du colloque. Il s’agit de : « Philosophie et enjeux de la post-sécularisation », « Les liens subtils de généalogie et de corrélation entre géographie, histoire et nation », « Le Nouveau départ et la Rupture : de l’‘’Etat-butin’’ à l’‘’Etat-patrimoine’’», « Rotation : alternance politique comme principe constitutif de la démocratie », « Genre et gouvernance : des possibilités d’une justice sociale dans les démocraties africaines ».
La cérémonie de clôture a été présidée par le président de la Sobéphie, Vincent Ayéna?

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