A Parakou, chants, danses, démonstrations de force, prières et libations ont marqué la célébration de la vingt-quatrième édition de la fête nationale des religions endogènes, ce mercredi 10 janvier. En dépit de la morosité ambiante, dignitaires et adeptes du vodoun se sont donné rendez-vous sur le terrain de l’Ocbn et à la cour royale au quartier Gah pour leurs cérémonies. Aucune autorité politico-administrative n’était présente à leurs côtés.

A l’instar de leurs homologues des autres localités du Bénin, les dignitaires et adeptes du vodoun de la ville de Parakou, étaient également en liesse, ce mercredi 10 janvier dernier. C’est à l’occasion de la célébration de la vingt-quatrième édition de la fête nationale des religions endogènes. En provenance des différents couvents et temples de la ville, ils étaient pour la circonstance drapés de pagnes et parés de perles, selon les exigences de leurs divinités respectives. Malheureusement, à l’occasion de cette fête qui constitue un évènement de haute portée culturelle et cultuelle, il n’y avait pas une seule autorité de la ville à leurs côtés.
Ce qui, toutefois, ne les a pas empêchés non seulement d’avoir une pensée à leur égard et à l'endroit de tous les hauts responsables du pays, mais aussi de prier pour la paix au Bénin. «Nous avons placé cette célébration sous le signe du Fâ : le Gouda Bla, qui a été révélé au cours de cette année 2018. Chacun, selon sa divinité ou son culte a prié pour que la paix règne à Parakou et au Bénin », a indiqué Pacôme Assohounmè, dignitaire du culte Togbo Ava et secrétaire général du Bureau des tradi-praticiens de la commune de Parakou.
Dans le cadre de cette célébration, plusieurs manifestations ont été organisées. Sur le terrain de l’Ocbn, au quartier Camp Adagbè, l’heure était aux grandes retrouvailles entre les dignitaires et adeptes des Egun-gun, Abikou, Oro, Zangbéto, Guèlèdè, Hèbiosso, Dan et Mami. Il y avait également les guérisseurs traditionnels.
L’assistance a eu droit à des tableaux riches en couleurs et à des démonstrations spectaculaires et mystiques. Au même moment, les fidèles d’autres cultes traditionnels étaient réunis à la place royale au quartier Gah. C’est depuis l’année dernière que la reine de la divinité Kahou, Koumba, et les siens ont rejoint cet endroit. Par le passé, explique-t-elle, c’est à la place Tabéra ou à la place Bio Guéra, qu’ils avaient l’habitude de rester pour célébrer cette fête.
Au niveau des temples du culte « Thron kpéto déka alafia » de Parakou, comme ceux des grands dignitaires Hounnongan Atchèkpè Yélian, Tchédji, Atchèfon et Aïdo à Okédama, les festivités ont commencé quarante-huit heures avant la fête proprement dite. Divers rituels comme « Zodrandran », « Saara » et « Houindo na fâ » avaient été organisés.
En marge de cette célébration, les adeptes du culte Oro du quartier Allaga de Parakou ont saisi l’occasion pour organiser une cérémonie d’initiation au profit de nouveaux adhérents. A 23 h, tous se sont retrouvés à nouveau au couvent pour la grande veillée. Ainsi, le quartier est resté sous le contrôle de cette divinité jusqu’à 3 heures du matin?

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