Le mouvement de grève lancé par l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab) à compter du lundi 8 janvier a pris effet au tribunal de première instance de première classe et à la Cour d’appel de Cotonou. Les magistrats membres de cette union n’étaient pas à leurs postes de même que certains agents de la justice qui étaient déjà en mouvement depuis le 2 janvier dernier.

« Je ne suis pas au bureau, parce que je suis en grève. Vous ne verrez aucun magistrat en poste à partir de ce lundi jusqu’au vendredi prochain, le jour de notre assemblée générale pour faire le point de l’évolution de la situation ». C’est en ces termes que le président de l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab), Michel Adjaka, a répondu au téléphone hier pour dire que le mouvement de grève lancé par son union vendredi dernier a pris effet.
Dans une déclaration rendue publique, jeudi 4 janvier dernier, « l’Unamab a décidé d’observer, à compter du lundi 8 janvier 2018, jusqu’au retrait de cette disposition liberticide de la nouvelle loi portant statuts de la magistrature, un mouvement de grève de protestation de cinq jours, tacitement reconductible, du lundi au vendredi ». Cette décision a été prise suite au vote par les députés à l’Assemblée nationale, le 2 janvier dernier, de la nouvelle loi portant statuts de la magistrature qui retire désormais aux magistrats le droit de grève.
Au tribunal de première instance de première classe de Cotonou hier, il y avait une longue file d'usagers pour la légalisation des pièces et qui se faisaient servir par des agents. A cet effet, le secrétaire général du Syndicat des travailleurs de la justice, Kuassi Cakpo Bessé déclare « qu’il s’agit des travailleurs qui n’ont rien compris et qui peut-être sont dans un syndicat jaune comme il en existe toujours au Bénin ».

Calme plat à la cour d’appel

Au niveau de la cour d’appel de Cotonou par contre, c’était un calme plat. Les bureaux sont fermés. Seuls quelques agents se baladaient dans les couloirs de la cour d’appel.
Pour le secrétaire général du Syntra-justice, Kuassi Cakpo Bessé, ce qui se passe aujourd’hui au Bénin pose un problème du non respect de la parole du chef. « Le chef, quand il parle aujourd’hui, c’est difficile de le croire », souligne-t-il. Il rappelle que les agents de la justice étaient en grève en 2017, quand le chef de l’Etat les a reçus. Il a donné des instructions aux ministres concernés et a demandé de lui accorder un moratoire de deux mois. Or, les agents du secteur de la justice avaient déjà menacé comme quoi, si rien n’est fait avant la fin du moratoire, ils iront en grève. Le mouvement de grève qui est actuellement observé au niveau des auxiliaires de justice, selon lui, est la conséquence des promesses non tenues du président de la République avant la fin du moratoire
Kuassi Cakpo Bessé regrette qu’avant la fin du moratoire prévue pour le 31 décembre 2017, les députés aient adopté une nouvelle loi portant statut général de la Fonction publique en y introduisant des dispositions portant sur la suppression du droit de grève aux agents de la justice, de la santé et de la sécurité publique.
Dans la motion de grève adressée au gouvernement, les différentes organisations syndicales de la justice réaffirment leur détermination à se battre pour le respect de la légalité des droits acquis et pour l’avènement de meilleures conditions de vie et de travail du personnel de la justice. Des conditions qui affirment lesdites organisations sont nécessaires pour une paix sociale durable, une justice indépendante et un développement harmonieux du Bénin.
Le mot d’ordre de grève de quarante-huit heures qui court à partir de ce mardi 9 janvier sera tacitement reconduit en cas de non satisfaction des points objet de revendications?

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