Le chef de l’Etat, Patrice Talon, a réaffirmé sa volonté, voire sa détermination à poursuivre ses « actions rigoureuses » et dans la fermeté, devant le Parlement, ce vendredi 22 décembre. Cela, dans le cadre de la lutte contre la mal gouvernance dans tous les secteurs. Il ne semble pas être ébranlé par les difficultés ni les critiques.

Au lieu « du populisme facile aux retombées politiques immédiates » qu’il dénonce sous des mots à peine voilés, le président Patrice Talon a opté pour « l’action rigoureuse» et « la fermeté ». Il a réaffirmé cette option à travers son discours sur l’état de la nation, ce vendredi 22 décembre, devant la Représentation nationale. Ce faisant, il laisse voir sa détermination à lutter contre la corruption et à engager des réformes courageuses au risque de déplaire.
Une série de réformes majeures ont été mises en œuvre pour la modernisation de l’administration fiscale, l’amélioration de la qualité des services rendus aux usagers et l’application juste et équitable de la loi fiscale. Dans le secteur de l’enseignement, plusieurs réformes courageuses ont été engagées, entre autres, au niveau du supérieur autant dans le public à travers la suspension de la gratuité des inscriptions que dans le privé à travers l’organisation des examens nationaux de licence et de master.
Dans un souci de réduction du train de vie de l’Etat, il a été mis en place, rappelle le président de la République, la Cellule de voyages officiels. Ce qui, selon lui, a permis de faire respecter les règles en matière de voyages officiels, de rationaliser les coûts des voyages et d’éviter les surfacturations.
On note aussi le relèvement des hauts fonctionnaires de Police et de Gendarmerie de leurs fonctions pour défaillance ou pour acte de mal gouvernance. Sur le terrain de la lutte contre la corruption, le régime de la Rupture frappe les auteurs sans état d’âme. A ce niveau, comment ne pas évoquer l’affaire de placement « hasardeux » de fonds de la Caisse nationale de sécurité sociale à la Banque internationale du Bénin (Bibe) mettant en cause des acteurs dont l’un provient de l’univers syndical et pas des moindres : Laurent Mètongnon ? Comment oublier l’affaire de faux médicaments dans laquelle serait impliqué le député de l’opposition Atao Hinnouho ? Dans sa détermination de lutter contre la corruption, Patrice Talon n’a pas raté les dirigeants de sociétés et offices d’Etat à qui sont reprochés des actes de mal gouvernance. Sa rigueur, pourrait-on dire, n’épargne pas ses amis. Le ministre Hervé Hèhomey a fait les frais d’un comportement qui ne répond pas aux exigences du chef de l’Etat qui n’a pas hésité à le sortir de son équipe gouvernementale.
Mais malgré les critiques, Patrice Talon n’entend pas reculer dans ses actions rigoureuses. « Mais prétexter de ces difficultés pour ne rien changer serait comme organiser un suicide collectif», insiste-t-il dans son discours devant l’Assemblée nationale. Ainsi, cela pourrait aussi sonner comme un avertissement pour les mauvais citoyens très accros aux malversations et qui se croient à l’abri. « Là où les actions opérationnelles n’ont pas démarré, la réflexion, la stratégie et les études ont déjà fait du chemin», assure le chef de l’Etat pour signifier qu’il ne laissera aucun secteur en rade. Il a été on ne peut plus clair en déclarant : « C’est pourquoi toute faute avérée est immédiatement sanctionnée d’abord par la suspension de son auteur, puis sa mise à disposition de la justice pour répondre de ses actes.
Les derniers évènements dans notre pays ne sauraient distraire le gouvernement. Ils nous encouragent plutôt à aller plus loin.» Il n’y a que cette seule voie, justifie-t-il, pour sortir le Bénin de son état de sous-développement.

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