Le dossier de révision de la Constitution du 11 décembre 1990 pourrait refaire surface bientôt à l’Assemblée nationale. Le chef de l’Etat, Patrice Talon, en des termes voilés lors de son message sur l’état de la nation, semble être toujours préoccupé par cette réforme qui a essuyé un échec en avril dernier au Parlement.

L’on ne doit pas être surpris si demain le dossier de révision de la Constitution du 11 décembre 1990 est remis en selle au Parlement. Soit sous forme de projet de loi porté par le gouvernement ou de proposition de loi initiée par des députés. En tout cas, le débat sur cette réforme est loin d’être clos. Il pourrait être relancé bientôt. Et pour cause ! Le chef de l’Etat n’a pas totalement digéré l’échec qu’a enregistré la première tentative en avril dernier. Patrice Talon a clairement exprimé son état d’âme lors de son message sur l’état de la nation, vendredi 22 décembre dernier, face à la Représentation nationale. « Je ne saurais fermer ce chapitre des réformes sans m’arrêter un instant, mesdames et messieurs les députés, sur le projet de révision de notre Constitution dont vous connaissez parfaitement le sort provisoire qui fut le sien », a fait savoir le président de la République. Parlant de sort provisoire, Patrice Talon fait,en réalité, allusion au rejet de la prise en considération du projet de modification constitutionnelle intervenu le 4 avril dernier au Parlement. Lequel a été sanctionné par un score de 60 « Oui » pour le projet, 22 « Non » et 1 abstention. 

Ce résultat de 60 voix favorables ne fait pas le compte des trois quarts des députés exigés par la Constitution pour faire passer le dossier à cette première étape de la procédure. Il fallait réunir 63 voix « Oui » au moins pour que l’Assemblée nationale puisse prendre en considération la réforme constitutionnelle et passer aux étapes suivantes du processus. Le gouvernement, en Conseil des ministres, avait pris acte de ce rejet obtenu par la minorité parlementaire qui a fait feu de tout bois pour bloquer le processus.
Le président Patrice Talon revenant sur le dossier, lors du débat télévisé qu’il a fait dans le cadre des festivités du 1er août dernier, avait annoncé que le projet de révision constitutionnelle était désormais derrière lui. Beaucoup en avaient conclu que le chef de l’Etat a fini avec ce dossier et qu’il ne s’en préoccuperait plus avant la fin de son quinquennat. Mais erreur apparemment ! Patrice Talon dit croire toujours que cette réforme est incontournable pour booster le développement du Bénin. « Avec le recul, je continue de croire que cette réforme est nécessaire pour le renforcement de nos institutions démocratiques, la normalisation du paysage politique, la sérénité dans la gestion de l’Etat et la prise en compte de l’urgence sociale », martèle le président de la République. Il n’est donc pas exclu que Patrice Talon réintroduise le dossier dans le circuit parlementaire. Il n’est pas aussi exclu que certains députés du camp présidentiel reprennent le dossier à leur compte pour le relancer comme une proposition de loi. Les 60 parlementaires ayant exprimé le vote « favorable » avaient d’ailleurs exprimé le mardi 11 avril dernier une telle perspective, à la faveur d’une déclaration lue à la tribune de l’hémicycle.
Reste à savoir le sort que le Parlement va réserver encore à ce dossier après l’échec de la première tentative. Mais, a priori, le camp présidentiel n’a pas encore toutes les cartes en mains pour faire passer le projet, s’il a l’intention de réintroduire le dossier. Aujourd’hui, le Bloc de la majorité présidentielle (Bmp) est composé de 61 députés. Ce qui veut dire qu’il lui faudra en plus deux députés au moins pour que le compte des trois quarts des députés exigés soit bon?

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