La représentation diplomatique libyenne au Bénin, par le truchement de son chargé d’affaires, a donné de la voix, ce mardi 5 décembre à Cotonou, au sujet de la situation des Noirs en Lybie qui défraie la chronique. Busheha Busheha balaie d’un revers de la main les accusations esclavagistes portées contre son pays.

« Le gouvernement de la Libye, à travers ses services compétents, prendra des dispositions nécessaires pour s’assurer de la véracité des informations contenues dans le documentaire (Ndlr : diffusé par la chaîne américaine Cnn). Au cas où ces informations seraient fondées, les auteurs seront démasqués puis exposés à des sanctions sévères conformément à la loi ». C’est ce qu’a déclaré, face aux médias, ce mardi matin à Cotonou, Busheha Busheha, chargé d’affaires de l’ambassade de la Libye à Cotonou, au sujet de ce qu’on pourrait qualifier de « vente des esclaves en Libye». Il a condamné le documentaire et soutenu qu’il ne « reflète ni la position officielle de l’Etat libyen ni celui de son peuple ». Selon lui, la Libye est victime des problèmes liés à l’immigration clandestine et ses autorités ont invité, à l’occasion de plusieurs rencontres internationales et régionales, les Etats concernés à contrôler leurs frontières pour que ces migrants ne puissent plus franchir la Libye qui ne cesse de souffrir du grand flux migratoire, vu la situation politique et sécuritaire qu’elle traverse. «Cette situation constitue pour la Libye un fardeau en termes de perte en nourriture, en médicaments et autres dans les camps d’hébergement », illustre-t-il.
De sa déclaration, il est à retenir aussi que la Libye a une histoire particulière et séculaire dans les relations avec l’Afrique, car elle fut le pionnier en matière de défense des intérêts de l’Afrique. «Les Africains vivant en Libye depuis des décennies n’ont jamais connu de pareilles difficultés hormis quelques incidents isolés qui sont courants dans tous les pays du monde y compris les pays développés. Ils travaillent en toute liberté dans les marchés, les boutiques et mènent tranquillement leurs activités artisanales», avance Busheha Busheha. La Libye d’aujourd’hui est un « pays instable et de conflit », poursuit le chargé d’affaires. Elle est aussi consciente qu’elle est « visée par les pays de la sous-région qui veulent faire d’elle un point d’accueil et d’hébergement des migrants... un pôle d’accueil des réfugiés, ce que rejettent les Libyens », ajoute-t-il.
Pour Busheha Busheha, son pays n’a jamais demandé une main-d’œuvre quelconque en provenance de l’Afrique, que ça soit dans le domaine de l’agriculture, de l’élevage ou de l’industrie, et si elle devrait le faire, elle le ferait par des canaux officiels. Il ne partage pas non plus certaines allégations colportées par les migrants rapatriés dans leurs pays par un vol libyen comme des clandestins de la Libye où ils affirment avoir subi de mauvais traitements. Ce sont des alibis pour échapper à la prison, parce qu’ils craignent d’être sanctionnés dans leur propre pays, étant conscients que leur comportement est illégal. « C’est ainsi qu’ils inventent des histoires pour convaincre la presse et échapper aux sanctions qui les attendent », se défend-il. Le diplomate affirme que la torture n’existe pas en Libye qui, d’après lui, reste «un pays de transit et non un pays de provenance des migrants ». D’où son appel aux autorités des pays de provenance à garantir une vie meilleure à leurs citoyens et à renforcer la démocratie dans leurs pays pour éviter à leurs citoyens de quitter leurs pays à la recherche d’une vie meilleure et de la démocratie chez les autres. Ce qui passe, souligne-t-il, par la création d’emplois et la mise en place de certaines structures pour l’insertion des jeunes et des femmes. « La question de l’immigration ne saurait être gérée par la Libye seule. Une synergie d’actions doit être menée au plan continental en collaboration avec l’Union européenne pour juguler le phénomène », suggère-t-il

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