Places Idi et mosquées désertes. C’est l’image que donnaient dans la matinée de ce jeudi 30 novembre, jour du Maouloud, ces lieux de regroupement des musulmans à Bohicon comme à Abomey. Une fête diversement appréciée et qui a suscité peu d’intérêt. A l’occasion de cette journée, des séances de prières et de lectures coraniques sont faites un peu loin des mosquées.

A la différence des fêtes chrétiennes, les fêtes musulmanes se font loin des mosquées. Pour la communauté musulmane, la mosquée est un lieu saint de prière et non une place des fêtes. La fête du Maouloud symbolisant l’anniversaire de la naissance du prophète Mohamed, n’est pas une obligation pour le musulman. N’étant donc pas une grande fête musulmane, chaque musulman a fait, selon sa foi et sa conscience. C’est du moins le constat fait, ce jeudi matin, autour des mosquées à Abomey comme à Bohicon.
A l’instar des musulmans d’ailleurs, la communauté musulmane de ces deux villes a célébré le Maouloud loin des ambiances festives. Selon Abdou Karim Abou, assistant d’imam, ce jour coïncide avec le douzième jour du troisième mois lunaire du calendrier musulman dénommé le «Rabi al Awal». C’est bien cette date qui correspond à celle de la naissance du prophète Mohamed. Il assure que tous les musulmans savent que cette fête n’est pas inscrite dans le saint-Coran. Ce sont les non-musulmans qui croient que cette date mobilise les croyants à la mosquée. On se retrouve par endroits pour la récitation des louanges au prophète. Pas de sourates à cette occasion. Des musulmans ne voient donc pas l’intérêt de donner un cachet particulier à cette date, en l’absence d’une disposition de la religion elle-même.
Pour ce jeudi, comme tous les matins, les prières se sont déroulées dans les mosquées. Puis, le reste de la journée, elles sont restées fermées et les imams loin des lieux. Les groupes de croyants qui le souhaitent, se sont regroupés dans les maisons et autres lieux de rencontre pour lire le Coran tout en se souvenant, à souhait, de ce jour anniversaire de la naissance du prophète.
Autour de la mosquée de Zongo à Bohicon, les petits vendeurs vont et viennent, visiblement ignorant cette célébration. Pourtant, non loin, sous des tentes, des groupes se retrouvent. Approché Issa Youssouf, cinquantenaire et vendeur non loin de la mosquée Zongo dira que « la célébration du Maouloud n’est pas une prescription ; le prophète Mahomet, de son vivant, ne l’avait jamais consacrée et avait d’ailleurs toujours insisté sur le strict respect des prescriptions coraniques ». Alors, parce que la fête de Maouloud n’est pas inscrite dans le saint-Coran, tous les musulmans ne se mobilisent pas systématiquement pour sa célébration.
Toutefois, Issa Youssouf reconnaît que certains comme lui se sont réunis « le matin à 10 h pour lire les récits de louanges au prophète à cette occasion. C’est juste une reconnaissance de la personnalité du prophète Mohamed, son œuvre en faveur du monde entier».
Alors, pour la communauté musulmane d’ici, le Maouloud n’est pas forcément une fête religieuse consacrée par le Coran. Et chaque musulman a fait selon sa foi et surtout le Coran.

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