Patrons, entrepreneurs de presse et responsables d’associations des médias ont tenu, ce mardi 28 novembre à la Maison des médias à Cotonou, une séance de travail avec le ministre de l’Economie numérique et de la Communication, Aurélie Adam Soulé Zoumarou. C’était l’occasion pour le président de l’Union des professionnels des médias du Bénin, Franck Kpochémè d’exposer les problèmes qui minent le secteur de la presse au Bénin.

« Les attentes sont nombreuses et fondées », a reconnu le ministre de l’Economie numérique et de la Communication, Aurélie Adam Soulé Zoumarou après la présentation des difficultés des professionnels des médias par le président de l’Upmb, Franck Kpochémè, lors de sa séance de prise de contact avec les patrons de presse et les associations faîtières des médias.
L’économie numérique et la communication, dira le ministre Aurélie Adam Soulé Zoumarou, occupe une place de choix dans le programme du gouvernement dont la mise en œuvre permettra de renforcer et de protéger le métier de journaliste. Elle entend ne pas marchander son soutien aux professionnels des médias. Mieux, elle les a encouragés à continuer d’exercer leur métier avec abnégation et détermination. « Mon équipe et moi ne manquerons pas d’apporter des solutions aux différents problèmes », a-t-elle assuré
Au nombre des préoccupations, il y a d’abord le piratage et le brouillage de la fréquence d’une radio, en l’occurrence celle de Soleil FM, pour la toute première fois depuis 1990. Face à ce problème, indique le président de l’Union des professionnels des médias du Bénin (Upmb), la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication a été impuissante. A l’en croire, cet état de chose n’est pas de nature à préserver l’image de marque de notre pays. Faute de textes d’application, le Code de l’information et de la communication reste une panacée contre ce genre de situation mais dort encore dans les tiroirs, a-t-il relevé.
Ce code, a dit Franck Kpochémè, doit être vulgarisé au niveau des responsables de l’administration publique, au niveau du ministère chargé des Finances et de la Haac qui manque de prendre sa part dans l’application de ce code. Sur le même registre, le président de l’Upmb a rappelé qu’il importe que le tout nouveau code numérique soit vulgarisé ainsi que la prise des outils réglementaires pour son applicabilité.
Par ailleurs, depuis 2016, les associations des professionnels des médias, les promoteurs de télévision et les professionnels des médias ont été sortis de la procédure devant aboutir à la réforme du secteur de la presse.
L’autre sujet abordé par le président de l’Upmb est la désignation d’un professionnel des médias au sein de la Commission béninoise des droits de l’Homme. Selon Franck Kpochémè, tout est mis en œuvre pour que la désignation se fasse sans les professionnels des médias contrairement à l’article 8 du décret n°2014- 315 du 6 mai 2014 qui stipule que « Chaque entité établit ses propres modalités de désignation tout en se conformant aux dispositions de l’article 7 de la loi 2012- 36 du 15 février 2013 et en s’inspirant des principes de larges consultations et des participations effectives de tout individu au groupe intéressé ».
Il a aussi rappelé que le Conseil des ministres, en sa séance du 16 septembre 2009, a décidé de l’augmentation progressive de l’aide de l’Etat à la presse privée à concurrence d’un milliard F Cfa d’ici trois ans. Autrement dit, l’aide de l’Etat à la presse privée devrait passer à un milliard depuis 2013. Mais force est de constater que cette décision n’a pas connu un début d’exécution depuis qu’elle a été prise. Mais rien n’y fit.
Le même relevé du Conseil des ministres en 2009, poursuit-il, s’est engagé pour des facilités fiscales de même que les conditions de leur octroi au profit des entreprises de presse.
Le décret portant avantages liés à la détention de la carte de presse ainsi que les mesures d’assainissement de la profession de journaliste pris en 2015 laissent les professionnels des médias sur leur soif.
En outre, Franck Kpochémè plaide que le Trésor public puisse libérer le reste des créances dues aux entreprises de presse depuis plusieurs années maintenant.
Le ministre doit peser de tout son poids pour que ces diverses décisions connaissent enfin un début d’application au début de l’année 2018, préconise Franck Kpochémè.

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