Enseignement de l’anglais parlé dans les écoles: Le livre qui propose un changement de paradigme

Par Ariel GBAGUIDI (Stag.),

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« Favoriser l’enseignement de l’anglais parlé chez les apprenants béninois ». C’est le titre d’un livre lancé, mercredi 30 octobre dernier, à Cotonou. Il met en évidence les fondements de l’incapacité des apprenants à s’exprimer en anglais, même après sept ans de pratique de cette langue. Pour inverser la tendance, l’auteur du livre, Dr Jérémie Dovonou, spécialiste en didactique anglaise, propose un package de solutions dont la valorisation de l’anglais parlé dans les écoles au même titre que l’écrit, tout en y associant les outils du numérique.

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Un nouveau livre traitant de la didactique anglaise dans les écoles béninoises vient de paraitre. Intitulé, « Favoriser l’enseignement de l’anglais parlé chez les apprenants béninois », il évoque l’importance de la langue anglaise pour les élèves béninois, tout en faisant ressortir, à travers une analyse Swot, les causes de l’incapacité des apprenants à mener un dialogue acceptable dans cette langue.
« Je me suis rendu compte que nous enseignons l’anglais de la classe de sixième jusqu’en terminale. Mais les apprenants ne sont pas en mesure de communiquer dans cette langue. Je ne dis pas qu’ils doivent parler couramment la langue anglaise. Mais ils devraient normalement, après sept ans d’apprentissage de l’anglais, être capables de communiquer dans cette langue de manière orale. Ce qui n’est pas le cas… », déplore l’auteur du livre, Dr Jérémie Dovonou, à la cérémonie de lancement de cet ouvrage, mercredi dernier, à Cotonou. « De la classe de sixième en terminale, l’apprenant béninois est évalué 44 fois à l’écrit s’il fait une école publique, et 65 fois s’il fait une école privée contre une évaluation orale qui se fait à l’examen du Bepc (…). Autrement dit, c’est seulement au Bepc que l’oral est fait pour la plupart », a-t-il poursuivi. Comme solution à ce problème, l’auteur propose la refonte de la méthode d’enseignement de l’anglais dans les écoles béninoises.
Il suggère donc la valorisation de l’anglais parlé au même titre que l’écrit. Ce qui voudrait dire que l’évaluation orale des apprenants, en classe comme à l’examen, doit être logée à la même enseigne que l’écrit. « Il faut que l’apprenant sache qu’il y a deux volets : l’oral et l’écrit ; et qu’il sera doublement évalué de la sixième en terminale. Avec cette méthode, déjà en classe de troisième, l’élève est bon et peut toutefois se débrouiller sur le marché de l’emploi », assure l’auteur du livre.

Curricula

D’autres réformes sont également nécessaires pour favoriser l’anglais parlé chez les apprenants béninois, selon cet universitaire, qui propose désormais que les cours de grammaire soient réduits. Pour ce faire, il a mis au point une approche pédagogique qui minimise la grammaire. « On n’apprend pas une langue à travers sa grammaire. Il y a des enfants qui parlent nos langues locales et le français depuis la maison. Pourtant, on ne leur a pas appris la grammaire de ces langues. C’est un apprentissage fonctionnel. C’est ce que je propose pour enseigner désormais la langue anglaise », précise Dr Jérémie Dovonou. Mais ce n’est pas tout puisqu’à l’entendre, la refonte de la méthode d’enseignement de cette langue passe aussi par l’étude des ouvrages de littérature. Pour lui, il est également possible, avec les outils du numérique, que les apprenants reçoivent des textes audio de la part de leurs enseignants, en guise d’exercices de maison, afin de pouvoir les écouter, et répondre de manière orale aux questions qui y seront posées.
Mais en amont de tout ceci, l’angliciste propose une redéfinition du profil de l’enseignant d’anglais. D’après lui, il faut désormais s’assurer que le professeur lui-même maitrise couramment la langue qu’il veut enseigner. Pour ce faire, il propose, entre autres, que le futur professeur d’anglais soit soumis à un entretien oral lors de son recrutement.
Composé de 422 pages réparties en 10 chapitres, l’ouvrage, selon Dr Jérémie Dovonou, est une œuvre purement scientifique d’autant plus que son contenu est la quintessence de sa thèse doctorale datant de janvier 2014. Il invite, dès lors, les autorités béninoises à expérimenter ses solutions, les densifier, si possible, pour un bilinguisme parfait chez les apprenants béninois.

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